— Au festival

Publiée le 25 mai 2021

Un atelier Passerelles autour d’Innocence au Lycée Professionnel Vauvenargues

Passerelles_Atelier autour d'Innocence avec Lycée Professionnel Vauvenargues_2021
© Vincent Beaume

Dans le cadre des actions de sensibilisation menées par les équipes Passerelles, les élèves de 1è Bac Pro – section menuiserie – du Lycée Vauvenargues ont participé, du 11 février au 12 mai 2021, à une résidence artistique autour d’Innocence, nouvel opéra-thriller de la grande compositrice Kaija Saariaho, donné en création mondiale au Festival d’Aix du 3 au 12 juillet 2021. Encadrés par Benjamin Bernard, enseignant de la Filière Menuiserie, le photographe Vincent Beaume, et Orane Furness, intervenante Passerelles, les cinq ateliers de cette résidence ont introduit les lycéens à la photographie et à la scénarisation.

Avec comme fil conducteur la thématique du secret et de la révélation propre à Innocence, le projet s’est d’abord construit à partir d’un dialogue entre les encadrants et les lycéens autour de cette phrase : « Il s’est passé quelque chose ».  Innocence, en effet, met en scène des personnages qui éclairent peu à peu le passé tragique qui les lie et relie.  En ce sens, les seize lycéens ont scénarisé une série de photographies en écho au livret. L’on peut y voir, au cours d’une heure ludique où ces derniers se sont cachés dans l’atelier, des pieds dépassant par-ci, une main visible par-là ou encore un visage pris sur le vif : rien ne se dit ; tout se devine. D’après Vincent Beaume, le « jeu » fut troublant : « Des élèves m’expliquaient qu’ils avaient retrouvé la cachette utilisée lors d’une alerte attentat qui avait eu lieu dans leur lycée quelques mois plus tôt. Sans le vouloir, on était déjà dans le drame d’Innocence ».

Au-delà de la question de la scénarisation, la résidence fut autant l’occasion de revenir sur l’Histoire de la photographie que d’expérimenter une nouvelle approche à l’image. Ainsi, les lycéens ont fabriqué deux types de boites noires d’une technicité remarquable. La première, une camera obscura, souvenir de l’ancêtre de la photographie, permet au spectateur, une fois à l’intérieur, de visualiser à travers un papier calque l’image projetée à l’envers et de voir à l’œuvre la photo graphie, soit, « l’écriture avec la lumière ». La seconde boite noire identique en apparence à la première mais dont l’intérieur est inaccessible présente sur ses quatre parois des orifices desquels on peut percevoir les photos scénarisées. La lumière, ne pénétrant que par le haut, provoque une sensation inédite : mise en exergue ou encore amplification de l’image. « Magique », tel qu’ont pu nous le confier les lycéens : magie de voir, sous leurs mains, « la planche brute se transformer en œuvre d’art ».

Heureux dénouement d’une relation de confiance, de « fidélité », tissée tout au long des ateliers, là sont les mots d’Orane Furness , un vernissage s’est tenu dans le cloître du Lycée mercredi 12 mai. Au cours de l’après-midi, chacun a pu expérimenter les deux boites noires, découvrir les photos scénarisées des lycéens ainsi que six photographies grand format des futurs menuisiers pendant les ateliers. La résidence aura permis à l’enseignant, Benjamin Bernard, aussi bien d’ouvrir ses élèves aux divers champs d’application leur étant offerts dans leur métier, notamment dans le secteur culturel et opératique, que de mettre à l’honneur leur filière au sein du lycée.

Lycéens, chapeau ! Sur votre talent s’est levé le rideau.